Sur VK, les « réfugiés » d’extrême droite se lâchent – Charlie Hebdo

Tristan

Je dis quelques mots du réseau social russe VK, ce nid douillet de l’extrême droite française, dans cet article de Charlie Hebdo.

Extraits.

Sur VK, on découvre donc tout un tas de comptes d’extrême droite qui y ont élu domicile. « Ils y sont partis non sans oublier de le crier haut et fort : ça fait partie de leur com’ », analyse Tristan Mendès France, maître de conférence associé à l’université de Paris, spécialisé en cultures numériques.

Pourquoi VK attire-t-elle autant cette fachosphère ? C’est d’abord symbolique, un « doigt d’honneur aux réseaux sociaux occidentaux », analyse Tristan Mendès France. Être sur ce réseau social russe, c’est ainsi affirmer sa fascination pour la figure de Poutine, qui correspond à la pensée autoritaire, masculiniste et homophobe de cette famille de pensée.

En revanche, cela leur enlève un élément important pour eux : la provocation, estime Tristan Mendès France. En effet, ils se retrouvent entre eux, tous d’accord dans leur haine et leur délire. Mais cela peut aussi les entrainer dans une radicalité, une illusion qu’ils sont nombreux et qu’aucun propos n’est interdit, estime-t-il. «  VK, c’est un espace où le surmoi est beaucoup plus faible », raille Mendès France. D’ailleurs, il est intéressant de chercher le profil VK de militant politique pour comprendre qui ils sont vraiment. C’est ce qu’a fait le chercheur, il a découvert que la tête de liste RN aux municipales à Villepinte postait sur VK des contenus à caractère raciste et antisémite, comme une vidéo selon laquelle le coronavirus « aurait été mis au point par les juifs ». Le RN lui a finalement retiré son investiture.

De quoi relativiser – un peu – le succès de cette fachosphère. « Beaucoup de leurs vues reposent sur les algorithmes, sur YouTube, Twitter ou Facebook, qui leur permettent d’avoir une visibilité au-delà de ce qu’ils représentent », explique Tristan Mendès France. « Le roi est nu quand ils sont sur VK. »